Interview d’un crudivore que je connais bien : mon mari, 54 ans, crudivore depuis presque 2 ans.

1) Quel type d’alimentation avais-tu ? Qu’est-ce qui t’a motivé à manger cru ?

Consommateur régulier de viande dans ma jeunesse, je suis devenu végétarien quelques années après t’avoir rencontrée (les bonnes idées finissent par faire leur chemin, heureusement).
C’est toujours l’aspect éthique qui m’a motivé en premier, mais passer végétarien m’a déjà libéré des problèmes liés à la digestion de la viande (reflux, …).
Plus tard j’ai compris qu’être végétarien n’était pas suffisant car le fait de consommer du lait et des œufs entraînait encore beaucoup de souffrance. Je suis donc devenu végétalien il y a quelques années. De nouveau des améliorations digestives sont apparues: avant, les céréales au lait du petit déjeuner pesaient bien lourd une bonne partie de la matinée…
Etre « vegan » correspond bien à l’idée que je me fais de l’éthique, que ce soit en rapport à l’humanisme (au sens large), à l’exploitation humaine (voyez les ouvriers du cuir en Inde) et à l’écologie.

Cependant, quand vous êtes végétarien et a fortiori végétalien, vous êtes sans cesse questionné sur votre santé. Questions qui ne sont pas illégitimes dans la mesure où de fortes idées souvent erronées concernant l’alimentation sont gravées dans nos esprits (par exemple :  les protéines, le lait pour les os)… Vous vous êtes, à un moment ou un autre, posé une de ces questions, tant la pression culturelle est forte…
Donc, le souci de l’éthique se voit nécessairement adjoindre des préoccupations autour de la santé, presque pour se rejoindre dans un besoin « d’améliorer le bien-être sur terre », celui des êtres vivants (sentients) et le vôtre, votre santé.
C’est pourquoi j’ai été très intéressé par l’alimentation crudivore vegan et faible en gras, d’autant plus que des marathoniens de très bons niveaux la pratiquaient.

2) Y a-t-il eu des paliers ? Que manges-tu maintenant dans une journée ?

Les premiers paliers (sans revenir au passage au végétarisme) furent d’abandonner le lait et les œufs, ce qui a entraîné une alimentation énormément basée sur le soja (lait de soja, tofu, …), le riz.
Ensuite, ce fut le pain, enfin tout ce qui était à base de gluten, et cet abandon (difficile au début) a vraiment été bénéfique au point de vue de la digestion.
J’étais mûr pour l’alimentation crudivore « low-fat » qui s’est imposée naturellement… Grand progrès pour moi, par exemple, le fait de pouvoir manger autant de salade verte que je voulais. Je croyais auparavant que je ne digérais pas la salade alors que j’aime beaucoup en manger. En fait, ce n’était pas la salade le problème mais la salade avec l’huile.
J’adore les fruits et là, plus de limites, l’idée de pouvoir prendre autant de fruits que je le désire me plaît vraiment.
J’ai compris qu’il ne me fallait plus des heures pour digérer avant d’aller dormir ou pour aller courir ; avant, je devais courir à jeun, mais maintenant, si je vais m’entraîner un samedi ou un dimanche, je peux laisser la pluie passer, prendre mon petit déjeuner et aller courir 1 h ou 2 après, ce qui était impossible quand je prenais des céréales avec du lait de soja par exemple. Avant une compétition, je prenais du riz (sans huile, ce qui n’était pas forcément délicieux) au moins 3 ou 4 heures avant pour être sûr d’avoir digéré… maintenant, je peux me régaler de fruits au petit déjeuner sans avoir besoin de me lever au milieu de la nuit pour une compétition matinale…
Ma journée type, par exemple en ce jour de février :
Ce matin : 3 oranges, 4 poires, 2 bananes et 7 dattes.
Ce midi : un blender de 8 bananes et une orange et 3 dattes
Grignotage dans la journée (sans faim particulière) : une petite dizaine de dattes
Hier soir : salade composée (salade, concombre,tomates, mangue,orange et cèleri), plus deux toast de pain sans gluten grillé (on n’est pas dogmatique, hein !)

Au début, je continuais à prendre deux cafés après le déjeuner souvent complétés par quelques chocolats noirs (et j’en reprenais dans la journée) mais petit à petit, après de bons « blenders » (ou repas « crudivegan »), on en ressent moins l’envie. En fait, avant, je finissais mon repas, sans doute toujours insatisfait, avec le besoin de prendre quelque chose après pour « fermer » le repas, le café ou/et le(s) chocolat(s). Maintenant, c’est fini. Et mes repas se suffisent à eux-mêmes.
De même pour le sel, j’ai vraiment été surpris de pouvoir me passer de sel, sans me restreindre ! J’ai vraiment retrouvé (trouvé ?) le goût des aliments.

3) Dis-nous quel type de  sportif tu es.

Je suis un grand adepte de la course à pied. J’ai commencé à courir vers 37 ans pour me sentir mieux, éviter le stress et perdre quelques kilos en trop… mais très vite, c’est le plaisir qui a pris le dessus sur ces premières motivations ainsi que l’esprit de compétition, car après une première course proposée par mon entreprise, je suis devenu un compétiteur régulier, pratiquement 20 courses et plus de 4000 km par an. J’ai rapidement obtenu de bons premiers résultats.
J’ai couru plus de 300 compétitions, dont 25 marathons. Les courses de 10 km me permettent de monter  sur le podium dans ma catégorie d’âge 50-60 ans (VH2).

4) Peux-tu dire que cela a changé quelque chose dans ta vie physiquement et moralement?

En commençant à être « crudivegan », j’ai vite perdu un peu du poids pour me stabiliser à un poids de forme idéal. J’ai vu « sortir » mes abdos (et ce, sans faire de musculation…) et ma nouvelle légèreté semble être bénéfique lorsque je cours.

Quant à mes performances, elles sont stables (peut-être, sans cette alimentation, régresseraient-elles du fait de mon âge ?). Il y a deux ans, je courais le 10 km en 36’ et je suis toujours en 36’ fin 2012 (et même 35’50 début 2012). Avec l’âge, on est censé voir des secondes voire des minutes supplémentaires s’ajouter à ses « chronos » en vieillissant après 50 ans (je faisais 34’ au début de ma quarantaine).

Je suis heureux de pouvoir dire qu‘une alimentation végétalienne est favorable à ces performances (contrairement à ce que l’idée reçue du « végétalien faible et de petite santé » véhicule).
Malgré mon âge et le temps qui passe, je maintiens les mêmes résultats que lorsque j’étais jeune depuis que je mange « Crudivegan » (c’est plus court que de dire crudivore vegan et faible en gras !).

Par ailleurs, j’ai vraiment le sentiment fort de ne pas faire de mal à mon corps en m’alimentant ainsi. Je suis tranquille (pas de « Bon, tant pis, c’est pas grave… »), je mange cette alimentation sans me restreindre et sans m’inquiéter.

Moralement, je vais bien depuis que je suis vegan (je n’ai plus l’impression de me voiler la face avec de faux arguments du style « oui, bon, les vaches, elles nous donnent leur lait gentiment »… !) L’idée de limiter par mes achats la consommation de tout ce qui est « empaquetage » me plaît bien aussi (plus de paquets de gâteaux, de riz, de matière plastique ou en tout cas beaucoup moins…) Les fruits et les légumes, c’est tellement moins industriel…

5) As-tu des regrets concernant ton ancienne façon de manger ?

 Des regrets, absolument pas. De temps en temps, des odeurs de cuits viennent titiller mes narines, cependant, c’est très passager lorsque l’on a compris que ne plus manger certaines aliments « racoleurs » et au final insatisfaisants (par exemple, qui n’a pas pris un gâteau, allez le dernier, et puis un gâteau et puis un autre…), ce n’est pas de la restriction mais plutôt un passage à une alimentation vivante, fraîche, à une abondance de bonne santé ! Je suis devenu un vrai « bon vivant » !

Cherchez-vous de l’inspiration pour vos repas du soir ?


Image du livre Menus crus